jeudi 24 septembre 2015

Meurtres en Majuscules ; Sophie HANNAH.


Édition : Le Livre de Poche.
Prix : 7,30 €
Sortie : 02/09/2015
Pages : 408
Meurtres en Majuscules,
Sophie HANNAH.



Résumé.

Hercule Poirot a décidé de mettre au repos ses petites cellules grises en surchauffe. 

Il se réfugie incognito dans une pension londonienne, où il fait la connaissance de l'inspecteur Catchpool. 

Un soir, trois meurtres sont commis dans trois chambres à trois étages différents au Bloxham, un hôtel luxueux de Londres. On retrouve un bouton de manchette en or, gravé des initiales PIJ, dans la bouche de chacune des victimes. 

L'énigme est trop tentante ! Poirot n'y résiste pas et offre ses services à l'inspecteur Catchpool. 

Pour démêler les fils de l'intrigue, il va falloir à Poirot toute son habileté, et à Catchpool beaucoup de patience...
















Avant toute chose, je remercie chaleureusement Clara et les éditions Le Livre de Poche pour m’avoir fait parvenir ce bouquin.

Dans « Meurtres en Majuscules », une sordide histoire va entacher un luxueux hôtel londonien. Effectivement, trois meurtres ont été commis le même soir dans le même hôtel, dans trois chambres différentes.
C’est l’inspecteur Catchpool qui est mandaté pour résoudre le mystère de ces trois morts et il sera aidé du célèbre Hercule Poirot.
Est-ce que ces victimes se connaissaient ? Ont-elles été tuées par le même assassin ? Pourquoi ? De nombreuses questions qui ne resteront pas longtemps sans réponse.

Cela faisait très longtemps que je n’avais pas lu un livre policier et encore plus longtemps une histoire avec Hercule Poirot. 
J’avais très envie, depuis plusieurs mois, de me replonger dans ce genre littéraire et que demander de mieux avec ce livre ? 
Une histoire d’Hercule Poirot, mais pas écrite par la célèbre Agatha CHRISTIE. 
Je ne pouvais donc que lire ce bouquin et je ne ressors absolument pas déçue de ma lecture !

L’histoire commence sur les chapeaux de roue. 
Une petite introduction et les meurtres sont de suite arrivés. 
L’auteur ne nous ménage pas, tant au niveau du rythme que du dérangeant. En effet, les corps retrouvés ont chacun un bouton de manchette dans la bouche, avec inscrit dessus les lettres PIJ. C’est plutôt sordide, mais on pouvait s’y attendre. 

Dès que l’enquête commence, nous sommes embarqués dans l’histoire et la recherche d’indices comme nos deux enquêteurs. Comme eux, nous allons être surpris par tous les liens que partagent les victimes et les suspects. 
Histoires de village, de commérages, d’amour, de haine : ici, rien n’est laissé de côté. 

J’ai apprécié être aux côtés de nos deux détectives.
Hercule Poirot ne perd rien de sa superbe : ses cellules grises fonctionnent toujours aussi bien. J’ai un peu moins apprécié son côté détaché, impatient et légèrement imbus de lui-même, mais on passe rapidement au-dessus de tout ça.
Catchpool est le personnage que j’ai le plus apprécié. Il est d’apparence sûr de lui, mais on découvre au fur et à mesure des pages qu’il est un peu dépassé par les évènements et pas très confiant. J’ai aussi apprécié son côté torturé qui le rend bien plus humain que les autres personnages.
Enfin, j’avoue ne pas avoir accroché aux autres personnages car je les soupçonnais tous. Du coup, tout le monde me semblait suspect et chacun était ainsi un potentiel assassin. On peut dire que de côté-là, l’auteur a vraiment réussi son coup !

Toute cette histoire est très bien imaginée par l’auteur et je salue son ingéniosité.
Tout au long du livre, nous avons une multitude de renseignements qui devraient nous sauter aux yeux, mais on n’y prête aucunement attention. Heureusement que Mr Poirot est là à chaque fois pour nous remettre sur la voie, tant nous que Catchpool.

Quant à la fin, elle est très surprenante !
A l’image des poupées russes, on pense atteindre la vérité, mais finalement un nouvel élément surgit qui nous fait croire à une nouvelle vérité, et ainsi de suite. L’auteur nous fait entrer dans une spirale haletante, pour finalement connaître enfin la vérité, la vraie, qu’une trentaine de pages plus tard.

Coup de maître !





En conclusion, « Meurtres en Majusucules » est une histoire policière comme on aime en lire. Prenante, mystérieuse, haletante, on ne peut que se laisser porter dans cette enquête aux côtés du légendaire Hercule Poirot, tout en accompagnant notre lecture d’une bonne tasse de thé !








Un livre à lire pour les amoureux de livres policiers, et ceux qui adorent Hercule Poirot.









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lundi 14 septembre 2015

Les Néo-Gaïens tome 1 : Pimp ; Florence GÉRARD.


Édition : Laska.
Prix : 1,99 €
Sortie : 13/08/2015
Pages : 384
Les Néo-Gaïens tome 1 : Pimp,
Florence GÉRARD.



Résumé.

En 2010, le virus Z a décimé la population mondiale. Cependant, certains de ses morts sont inexplicablement revenus à la vie. Désormais dotés d’étonnantes capacités, ils sont devenus les « modifiés » ou Mods, par opposition aux « normaux » ou Norms. Dans ce monde post-apocalyptique a émergé l’ORDRE, l’Organisation Réunifiée Des Rescapés et Epargnés.

Aujourd’hui, en 2040, l’Ordre a étendu son influence à la planète entière, et s’est fixé pour mission d’éliminer les Mods2, les enfants des Mods, aux pouvoirs soi-disant encore plus puissants que ceux de leurs parents. 

C’est dans ce contexte que Pimp débarque à Marlon, un agglomérat issu des ruines des anciennes villes de Marseille et Toulon. La jeune femme ne cherche surtout pas d’histoires… mais cela n’empêchera pas les histoires de la trouver !
















Un grand merci aux Editions Laska pour leur confiance.

« Les Néo-Gaïens tome 1 : Pimp » a pour personnage principal Pimp, une jeune femme dotée de pouvoirs. Elle vit dans le futur, dans une France post-apocalyptique.  
En effet, la Terre a été touchée par le virus Z, tuant ainsi la grande majorité de la population. Les seuls survivants sont ceux n’ayant pas contracté la maladie ou ceux l’ayant attrapé et y ayant survécu. Ces derniers ont, depuis leurs rémissions, des pouvoirs. 
Les ‘Normaux’, ceux n’ayant pas de pouvoirs, ont commencé à avoir peur des ‘Modifiés’, ceux ayant des pouvoirs. Une organisation a donc été créée : L’Ordre. Au début, elle avait pour but de protéger les deux espèces humaines, puis elle a commencé à traquer les modifiés.
Pimp, qui a perdu sa mère depuis plusieurs années, est seule. Elle se déplace de ville en ville pour survivre, essayant le moins possible de tisser de liens avec les autres.
Jusqu’au jour où elle rencontre par hasard un groupe composé de jeunes hommes. Tous des modifiés. 
Ce qu’elle ne sait pas, c’est que cette rencontre va changer beaucoup de choses dans sa vie.

Autant vous dire qu’à la lecture du résumé, j’étais un peu sceptique quant au contenu du livre. 
Savoir que l’action se passait en France, les termes ‘Mods’ et ‘Norms’.. Beaucoup de choses me dérangeaient. 
Finalement, c’est une énorme surprise ! Ma lecture fût agréable, addictive, prenante et surprenante.

L’histoire est vraiment originale ! Je pensais retrouver bon nombre de clichés et de déjà-vus, mais c’est tout le contraire. Certes, l’histoire suit le même schéma que ce genre de roman, mais l’auteur a créé un monde vraiment bien imaginé et développé. 

Malgré la complexité de son univers et la richesse de son imagination, l’écriture de l’auteur est simple. Cela aide réellement à s’immerger dans l’histoire et à mieux assimiler tous les éléments nouveaux, ainsi que la multitude de noms que l’on rencontre dans l’histoire. Malgré sa simplicité, son style demeure efficace et addictif.

Chaque chapitre commence dans le passé, avec le quotidien de la mère de Pimp qui a vécu lors de l’apparition du virus Z, puis nous retournons dans le ‘présent’ avec Pimp. 
Ces parallèles dans le temps sont vraiment bien organisés, mais surtout utiles ! C’est un très bon moyen pour l’auteur de nous raconter les évènements passés sans que cela soit compliqué ou alourdisse le récit. J’ai personnellement apprécié ces petits retours dans le temps qui m’ont donné un bon aperçu de ce qu’ont pu vivre les personnages lorsque ce virus est apparu.

Parlons un peu des protagonistes maintenant !
Chaque personnage est unique et ont tous une particularité, tant au niveau de leurs pouvoirs qu’au niveau de leurs caractères.
Pimp est une héroïne plutôt attachante et vraie. Art est mystérieux et touchant. 
Les autres personnages sont plutôt intrigants. J’espère en savoir plus sur eux dans les prochains livres pour apprendre à mieux les connaître, notamment BigD.

Petit bémol pour la romance qui s’établit entre Pimp et Art, que je trouve un peu trop rapide à mon goût, malgré que cela soit plus ou moins justifié de par les évènements de l’histoire.
J’aurai apprécié un peu plus de tension entre eux deux.

Quant à la fin du livre, elle annonce beaucoup d’action dans la suite des aventures de Pimp et de ses acolytes, mais aussi d’autres révélations.





En conclusion, « Les Néo-Gaïens tome 1 : Pimp » est un premier tome surprenant et prenant. Florence GERARD réussit à nous charmer avec son univers et son imagination, nous transportant dans un futur surréaliste et atroce à la fois. Laissez-vous tenter par cette série qui commence sur les chapeaux de roue ! 








Un livre à lire pour les amoureux d’histoire post-apocalyptique et de surnaturel ! 




Note.

19/20



Extraits.

« La fraîcheur de la nuit me fait frissonner, lorsque des pas se font entendre. Gerber se pointe, la démarche mal assurée, laissant sur son passage une forte odeur de vomi qui me soulève le cœur.


« Salut, ma poule, je vois que tu m’attendais… »

Il titube, et je l’aide à s’asseoir à mes côtés sur le vieux banc vermoulu.

« Alors, Gerber, dis-moi tout de ce fameux Mods.

— Et que m’offres-tu en échange, Pimp ? »

C’est bien la première fois que j’entends mon nom sortir de sa bouche. Beurk ! Je préfère encore lorsqu’il me surnomme « ma poule ». Sa main se pose déjà sur ma cuisse et remonte doucement. Je ne suis pas prude, mais son simple toucher me révulse. Toutefois, je me dois de jouer le jeu si je veux obtenir les informations nécessaires. J’effleure sa joue rêche et lui susurre à l’oreille :

« Je peux t’assurer que tu n’es pas près d’oublier cette nuit, mon grand Gerbounet. »

Il glousse et se décide à tout me révéler.

« OK. Il y a des années que l’Ordre est à la recherche d’un Mods qui serait à la tête de la rébellion. S’il meurt, la révolte s’éteindra avec lui. Du moins, c’est ce que l’Ordre pense. Mais, jusqu’à l’autre jour, ce type était un véritable fantôme. Personne ne savait à quoi il ressemblait, ni même son âge. Par contre, c’est une légende parmi les siens. Chacune des enflures qu’on a attrapées le compare à une espèce de sauveur, un messie venu sur Terre pour aider tous les Mods. Des contes pour enfants, si tu veux mon avis. Certains ont prétendu qu’il pouvait voler, d’autres qu’il pouvait se téléporter, d’autres qu’il pouvait devenir invisible, ou encore qu’il pouvait faire tout cela en même temps. J’ai vu le type en question, et le seul don qu’il possède, c’est d’être chiant au possible ! Je l’aurais bien tué, mais l’Ordre le voulait vivant. Tant pis pour lui. »

Comment un type assez puissant pour être à la tête de la rébellion a-t-il pu se laisser prendre par ce crétin fini ?

« Comment as-tu procédé pour le choper ?

— C’est le plus drôle de l’histoire. C’est lui qui m’a contacté, en prétextant vouloir trouver un accord avec l’Ordre pour mettre un terme définitif à toute cette merde. L’idiot ! Comme si l’Ordre allait le laisser vivre ! »

Son rire forcé me file les jetons, mais il a raison sur ce point : ce serait en effet des plus étonnants. Cela dit, je suis prête à parier que ce n’est que le sommet de l’iceberg. Le leader des Mods voulait intégrer le bâtiment de l’Ordre, mais pourquoi ?

« Et quel est le nom de cet idiot ?

— Je te l’ai dit : personne ne sait son véritable nom. Toutefois, tous les Mods le connaissent sous le pseudo de Nico le téméraire. »

Je reste bouche bée lorsqu’il prononce ce nom. Je le croyais mort depuis des années ! En tout cas, c’est ce que m’a laissé entendre ma mère. Non seulement il est en vie, mais, en plus, c’est un puissant Mods et le chef de la rébellion. Et il vient de se livrer à l’Ordre ; pourquoi ? Gerber se méprend sur mon teint désormais livide :

« Ça va, ma poule ? On dirait que tu viens de voir un revenant. »

Il pose sa main poisseuse sur mon front, et c’est la dégringolade. Je le pousse avec force ; il tombe le cul par terre en réalisant que, ce soir, il n’obtiendra rien de plus de ma part. »












Avez-vous lu ce livre ? 

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mardi 1 septembre 2015

Par le Sang, épisode 2 : L'oeil de sang ; Florence COCHET.


Édition : Laska.
Prix : 1,99 €
Sortie : 13/08/2015
Pages : 106
Par le Sang, épisode 2 : L'oeil de sang,
Florence COCHET.



Résumé.

Shandra est désormais un maître — une « ombre du palais », comme on appelle ceux qui agissent secrètement pour le compte des souverains. 

Pour la première fois, elle retourne en Thoril, le pays qui l’a vue naître. Son arrivée dans la capitale ne se passe toutefois pas comme prévu : une menace invisible semble peser sur l’empire… et sur ses envoyés.

Sur la foi d’une vision de l’impératrice, Shandra, accompagnée de Shyle, une mystérieuse soeur-sorcière, se lance sur la piste de l’Œil de sang. 


Un autre maître dont elle ignore encore l’identité doit les rejoindre en chemin…
















Un grand merci aux Editions Laska pour leur confiance.

« L'œil de sang » est le second épisode de la série « Par le sang » de Florence COCHET.
Nous retrouvons Shandra quelques mois après la fin du premier épisode. Elle est désormais un maître et a donc quitté l'île où se trouve l'académie qui l'a entraîné depuis son enfance.
Malheureusement, lorsqu'elle débarque, des assassins les attendent, elle et le maître qui l’accompagne. Perdue, Shandra va redécouvrir sa terre natale et tous les problèmes qui s'y trouvent également. 
Entre nouvelles rencontres et quêtes ardues, la jeune femme va aussi revoir une personne qu'elle ne pensait pas rencontrer de nouveau.

Après la lecture du premier épisode, j'avoue ne pas avoir été totalement convaincue par l'histoire. Certes, elle a du potentiel, mais il y avait un gros problème de temporalité. Les événements s'enchaînaient très vite sur peu de pages, ce qui rendait la lecture difficile.
Je peux vous dire qu'avec ce second épisode, ce problème a été rayé de la carte !
Les événements s'enchaînent bien, pas trop rapidement, mais suffisamment assez pour que l'action et les péripéties s’enchaînent sans que cela nous choque. J'ai donc été agréablement surprise durant l'intégralité de ma lecture.

L'histoire dans « L'œil de sang » est d'ailleurs vraiment différente de ce que l'on trouve dans « Premier sang ».
Alors que dans le premier opus nous nous concentrons exclusivement sur l'entraînement et l'apprentissage de Shandra, ce qui n'est pas vraiment passionnant, dans ce second épisode nous rentrons vraiment dans le cœur du problème du récit. L'histoire se développe plus, nous en apprenons mieux sur l'univers dans lequel évoluent les personnages, mais surtout sur ce qu'il se passe réellement en dehors de l'académie.
J'ai aimé la quête de Shandra, ainsi que les nouveaux décors qui se présentent à nous. L'auteur a réussi à me faire voyager et j'en suis satisfaite.

Shandra est d’ailleurs plus mature dans ce second épisode et je l'ai plus apprécié.
La nouvelle recrue, Shyle, est intrigante et plaisante. Elle donne un nouveau souffle au récit qui est bienvenu.
Les autres personnages sont par contre très secondaires à mon goût. 
J'ai également apprécié de connaître le nouveau peuple que va découvrir Shandra.

La fin nous annonce de nouveaux rebondissements à venir. La quête que poursuit Shandra et ses compagnons est loin d'être terminée, et cela pour notre plus grand plaisir.





En conclusion, « L'œil de sang » a réussit à me convaincre là où l'épisode précédent n'avait pas réussi à me satisfaire. Florence COCHET a vraiment travaillé son texte, sa longueur et sa temporalité pour nous offrir un récit mieux géré. 








Un épisode à lire pour ceux qui ont été convaincu par le précédent, mais aussi par ceux qui ne l'ont pas été pour lui donner une deuxième chance. 




Note.

13/20



Extraits.

« Enfin, je distingue, attachés au tronc d’un arbre, deux destriers, dont la robe poussiéreuse ne parvient pas à dissimuler l’ossature racée. Nos montures pour nous rendre à Evreska sans délai. Leurs piaffements, leurs oreilles plaquées contre leur crâne trahissent leur nervosité. Un mauvais pressentiment me gagne. Où sont les hommes censés nous accueillir ?
À une vitesse inhumaine, Karyl dégaine ses épées alors que je perçois ce qui perturbe les chevaux : l’odeur douceâtre du sang mêlée à la puanteur des entrailles percées, portées à mes narines par le vent des plaines. Je n’ai que le temps de tirer Maël’Yenn de son fourreau avant qu’une dizaine de guerriers jaillissent des herbes. Leurs armures se perdent dans les ombres, leurs visages sont des masques impassibles, l’acier nu scintille. Ils encerclent Karyl dans un silence presque parfait.

« Fuis ! »

Son cri déchire la nuit, heurte mes tympans. Je me raidis : l’abandonner ? Impossible. Et l’enfer se déchaîne, trop loin pour que je puisse intervenir. Les hommes entament un ballet mortel. Les corps tourbillonnent, les lames s’entrechoquent. Cerné, harcelé, Karyl pare sans pouvoir attaquer. Je les regarde, paralysée, incapable de décider si je dois lui obéir ou entrer dans la danse. Ils évoluent avec une grâce et une souplesse incroyables, fascinantes, leur attention tout entière absorbée par leur adversaire. Aucun ne s’intéresse à moi. Pas encore.

« Fuis ; je suis leur cible ! »

Et soudain, je comprends. Ces guerriers sont des danse-lames, des assassins sans âme, des pantins programmés pour éliminer un ennemi désigné : Karyl. Si je reste, je succomberai après lui. Ils sont trop nombreux, trop entraînés, trop… silencieux.
Le tranchant d’une épée déchire le côté de Karyl. Il hurle. Un cri de rage et de désespoir qui me galvanise. Il ne mourra pas en vain. Je cours jusqu’aux chevaux, les libère, saute en selle et enfonce mes talons dans les flancs pantelants. Affolée, ma monture se cabre, puis s’élance au grand galop. Je serre les cuisses et me cramponne aux rênes. Si je tombe, je suis perdue. Derrière moi, les silhouettes s’estompent, me laissant l’impression douce-amère d’un rêve éveillé.
Karyl…
Ce n’est que lorsque mon cheval ralentit, puis s’arrête, écumant, que je me rends compte que mes joues sont humides de larmes. Je suis un maître et j’ai fui. Même si je sais que sauver mon ami était impossible, la honte n’en est pas plus facile à digérer.
Des danse-lames… Quelqu’un a engagé dix des assassins les plus craints de Thoril pour nous éliminer. J’hésite entre me sentir flattée et paniquer. Je dois atteindre Evreska sans délai.
Le second cheval a disparu. Je mets pied à terre, le temps de repérer l’étoile d’Astarian, qui indique le nord.
Karyl, pourtant si secret, m’a poussée à étudier longuement la carte du duché d’Antar afin que je sois capable de rejoindre la capitale, même sans lui.

Il savait. »












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